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Maison de l'emploi du pays de Saint-Brieuc

Newsletter 5
19/07/2010

ÉDITORIAL

Le CAE-passerelle

Bonjour,
Mis en place en juillet 2010, les Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE) – passerelle sont destinés à favoriser l’embauche ; un coup de pouce pour les jeunes de 16 à 25 ans qui sont confrontés à des difficultés particulières d’insertion sociale et professionnelle, ou nouvellement diplômés. L’originalité de ce contrat est de proposer aux jeunes de travailler en collectivité pour y faire leurs armes et acquérir des compétences transférables avec pour objectifs, à terme, d’intégrer le secteur marchand. Pour mieux s’y préparer, une période d’immersion en entreprise est prévue. « Passerelle » entre collectivités et entreprises, elle permet aux jeunes de diversifier leurs compétences, et aux entreprises d’évaluer les jeunes en situation de travail.
Une philosophie gagnant-gagnant qui permet aux collectivités de faire appel à de nouvelles compétences, voire d’engager des innovations dans l’action publique, et aux jeunes d’avoir l’emploi tremplin pour accéder à un emploi durable.

Christine ORAIN

Présidente de la Maison de l'Emploi, de la Formation Professionnelle et de l'Insertion

du Pays de Saint Brieuc

A la une

Le CAE-passerelle, tremplin vers le secteur marchand

Il y a tout juste un an, était annoncé « un plan d’urgence contre le chômage des jeunes », un ensemble de mesures pour favoriser le recrutement des jeunes en apprentissage, en contrats de professionnalisation ou contrats aidés, dont le CAE-passerelle*.Un nouveau type de contrat proposé aux jeunes pour les aider à acquérir une première expérience ou effectuer une réorientation dans le cadre d’un contrat de travail avec un employeur du secteur non marchand. A la différence des anciens emplois "jeunes", ce contrat "passerelle" doit "être enrichi par des compétences transférables" vers un emploi dans le privé", et "prévoir dès l'embauche la possibilité de recourir à des périodes d'immersion dans les entreprises du bassin d'emploi". En France, quelques 30.000 jeunes pourraient prétendre à un contrat d'accompagnement dans l'emploi "CAE-passerelle" dans une collectivité locale. Sur le territoire du Pays de Saint-Brieuc, un certain nombre de collectivités ont recruté des jeunes grâce à ce contrat, rouages de la mise en œuvre de cette mesure, Pôle Emploi et les Missions Locales en sont des acteurs incontournables.
Les CAE- passerelle en 5 points :
  • Les bénéficiaires : les jeunes de 16 à 25 ans, non qualifiés ou qualifiés (tous niveaux de diplômes) inscrits ou non à Pôle Emploi.
  • Les employeurs : en priorité les collectivités territoriales et les autres personnes morales de droit public, mais également les associations.
  • Le contrat : un contrat de travail de droit privé d’une durée minimale de 12 mois.
  • Les obligations de l’employeur :
- Mise en place du tutorat dans le but commun de favoriser la prise rapide de poste et le développement durable de compétences et éventuellement prévoir de la formation sur site ou hors entreprise,
- Prévoir de l'aide à la recherche d'emploi, pour l'emploi qui suivra le présent contrat,
- Présenter le bilan des actions engagées - notamment pour un renouvellement de convention ou une nouvelle signature,
- Organiser l'immersion du salarié dans une autre entreprise (une semaine minimum à 3 mois maximum).
  • Les aides : l’aide de l’Etat est calculée sur la base de 80% du SMIC horaire brut et peut être majorée à 95% pour les publics prioritaires. Il est également possible de bénéficier d’exonérations de charges sociales.
*CAE-passerelle : pour rappel, depuis le 1er janvier 2010, le CAE-passerelle et le Contrat Initiative Emploi (CIE) du secteur marchand, sont regroupés sous le CUI- Contrat Unique d’Insertion.

« L’expérience qu’il me fallait pour bâtir mon projet professionnel. » Audrey chargée de la communication, de la culture et de la vie associative à la Mairie de Binic

A Binic, grâce au CAE passerelle, le Maire et la municipalité ont pu donner un coup de pouce à des jeunes demandeurs d’emploi : 3 recrutements qui n’auraient pas pu être supportés par le budget de la commune sans la contribution de l’Etat. Parmi ces nouvelles recrues, Audrey 26 ans chargée de la communication, de la culture et de la vie associative. Diplômée en lettres modernes, Audrey se destinait à l’enseignement mais plutôt que de « se couper du monde », en préparant une thèse, elle réalise qu’elle préfère le parcourir. Des voyages qui la convaincront de se réorienter vers l’animation culturelle ; de l’expérience, elle en a (elle a travaillé dans un café littéraire), mais elle souhaite se professionnaliser. Pour Audrey, l’ouverture du poste représente l’opportunité de se faire une première expérience dans l’organisation d’évènements, notamment à Binic dans le cadre des « Escales Littéraires ». « On m’a fait confiance sur la base de mon parcours, de ma motivation, une première expérience que j’aurai eu du mal à décrocher sur le marché de l’emploi ». Le contrat à durée déterminée ne lui est pas apparu comme un « souci » mais plus comme une amorce pour des projets professionnels, un CDI aurait été moins attractif. « Je voulais voir comment monter un évènement, comment travailler avec les services municipaux...Cette année me permettra de faire mes gammes, d’acquérir une expérience qui pourtant ne correspond pas à ma formation initiale. Ce contrat devrait me permettre de conduire mes futurs projets professionnels ».
Son seul regret cependant « c’est que un an, ça peut paraître un peu court, un délai insuffisant pour proposer des idées, les partager, les mettre en œuvre et surtout voir leur réalisation ».

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A découvrir

A découvrir La Mission Locale, l’autre prescripteur emploi

Rencontre avec Yves MOISAN Mission Locale Saint-Brieuc, responsable du secteur Emploi-Formation qualifiante

Pour commencer, pouvez-vous nous rappeler les différentes missions de la Mission Locale ?

La Mission Locale est une mission de service public reconnue, nous faisons de l’accompagnement, de l’insertion sociale et professionnelle pour les jeunes âgés de 16 à 25 ans. La principale finalité de notre action c’est avant tout l’insertion sociale et professionnelle par l’accès à l’emploi. Un processus en plusieurs phases : souvent une formation est nécessaire ou bien un travail sur l’orientation professionnelle s’impose. La Mission Locale adopte une approche globale dans l’accompagnement.  L’ensemble des problèmes périphériques rencontrés par les jeunes, tels que le logement, la santé, la mobilité, les ressources, la solidarité familiale etc, sont abordés pour optimiser les chances d’insertion professionnelle. Cependant, si l’on n’est pas à même de traiter ce type de problèmes, on s’adresse à d’autres structures (Le Comité Local pour le Logement des Jeunes, les Circonscriptions de la Solidarité Départementale, les centres Communaux d’Action Sociale, les foyers jeunes travailleurs… par exemple) avec qui nous avons créé des partenariats.
En 2009, les conseillers ont suivi 3600 jeunes, et accueilli près de 1700 nouveaux jeunes (1ère inscription). Certains ne seront reçus qu’une seule fois quand d’autres feront l’objet d’un suivi sur du plus long terme en fonction de leurs difficultés et de leur parcours. Sur cette période, nous avons suivis 300 jeunes de plus, conséquence de la forte hausse du chômage chez les jeunes.

L’accès à l’emploi étant une des « principales finalités », en interne vous avez une équipe dédiée à l’emploi. 

Oui en effet, nous avons profité de la mise en place du CIVIS (Contrat d’Insertion à la Vie Sociale dont l’objectif est la sortie vers un emploi durable) pour organiser notre service emploi et renforcer notre politique emploi. Sous l’impulsion de ce nouveau dispositif, nous avons reconsidéré notre organigramme de manière complémentaire et plus spécialisée. D’une équipe généraliste, on est passés à 2 équipes, une qui accueille, diagnostique et traite les problèmes d’ordre social, d’orientation, et l’autre qui est dédiée à l’emploi. Dans le cadre d’un parcours « classique » au sein de la Mission Locale, le jeune est pris en charge par l’équipe dite généraliste qui diagnostique la situation socio-professionnelle, la maturité du projet et traite des problèmes périphériques. Ensuite, il bascule vers l’équipe emploi tout en ayant des liens avec le référent généraliste pour réguler ce qui relève du projet, de sa situation sociale…
 La spécialisation de l’équipe emploi a permis de créer un réseau et de fidéliser des entreprises qui acceptent les types de collaboration que nous sollicitons (demande d’entretien, d’infos, demande de stage d’évaluation, proposition de contrats en alternance et de contrats de travail « classiques » du droit commun) et les profils des publics que nous accueillons.

Justement, les entreprises ne ressentent-elles pas des réticences face à votre public ?

L’approche que nous avons des entreprises n’est pas frontale, elle se fait par pallier. Avant de les solliciter pour des emplois, nous cherchons à nous faire connaître et connaître leurs habitudes de recrutement. Sur la base ce cette relation de confiance, on joue le jeu de la vérité avec les entreprises, on leur avoue que l’on a besoin de leur regard objectif sur les compétences des jeunes notamment par le biais de Périodes en Milieu Professionnel. Ces PMP permettent aux jeunes d’acquérir la confiance de l’autre, d’avoir un esprit d’ouverture et de travailler le relationnel. Les jeunes comprennent que vivre des choses concrètement permet ensuite d’avoir des arguments et d’être plus convaincants. Cette relation de confiance avec les entreprises débouche sur des offres d’emploi ou des propositions de collaboration (c’est le cas avec Carrefour avec qui nous travaillons régulièrement, actuellement sur les 6 contrats de professionnalisation en cours, 4 sont issus de la Mission Locale).
Le message que nous faisons passer aux entreprises c’est que nous ne mettons pas à disposition de la main d’œuvre au même titre qu’une agence d’intérim. Notre mission de service public est avant tout de favoriser l’insertion professionnelle des publics en difficultés. Nous insistons sur le fait que nous proposons un accompagnement de la prise de contact au suivi en entreprise pendant les 1ères semaines en emploi.

Et l’on peut dire que le message passe bien.

Vous vous adressez plus spécifiquement aux jeunes, quelles sont les difficultés qu’ils rencontrent dans leur recherche d’emploi durable ?

En dehors des problèmes périphériques déjà abordés, la première difficulté pour les jeunes est d’acquérir cette première expérience si difficile à décrocher. Cette première expérience, c’est l’onde qui va déclencher un parcours vers l’emploi durable, d’où l’intérêt, notamment, du CAE passerelle.
A cela s’ajoutent les problèmes de confiance en soi, et de communication des jeunes qui n’est pas adaptée au code de communication de l’entreprise. Le savoir être en entreprise (ponctualité, comportement...) n’est pas maîtrisé par tous, c’est pourquoi les conseillers emploi doivent être le reflet des exigences du marché du travail auprès des jeunes. C’est cette approche globale qui fait la particularité et la plus-value de la Mission Locale.

Pour répondre aux difficultés qu’ont les jeunes de trouver un premier emploi, le CAE passerelle a été mis en place, la Mission Locale au même titre que Pôle Emploi en est prescripteur.

Oui et uniquement du CAE passerelle (le CAE – sans période d’immersion - est prescrit par Pôle Emploi), les conditions d’accès à ce contrat aidé sont moins restrictives que le CAE, un jeune peut y prétendre quelque soit sa durée d’inscription à Pôle Emploi, qu’il soit bénéficiaire du RSA ou non...

Le CAE passerelle est-il populaire auprès des collectivités ?

Le CAE passerelle a indéniablement des atouts, des collectivités ont adhéré à ce dispositif qu’elles considèrent comme un tremplin vers un premier emploi mais des freins subsistent. Certains aspects comme la période d’immersion peut être vécue comme une contrainte (gestion de l’absence du salarié, prise en charge du salaire). Autre difficulté, le contexte économique qui n’est pas favorable aux collectivités : d’un côté on leur demande de faire un effort d’insertion, de l’autre les budgets sont resserrés, la formule contrat aidé ne suffit pas à convaincre les collectivités. Et puis, il y a des communes qui ne veulent pas « faire du CAE passerelle pour faire du CAE passerelle », si elles n’ont pas de besoin de main d’œuvre elles ne s’engageront pas dans cette démarche.
Prochainement, nous allons réaliser un mailing à destination des collectivités, suivi de prise de rendez-vous avec un double objectif : faire connaître le CAE passerelle et mieux nous faire identifier comme prescripteur. Notre discours est simple et évident : le CAE passerelle est une démarche citoyenne, elle permet de jouer la carte de l’insertion. Et parallèlement, ce type de contrat offre l’opportunité de bénéficier de ressources supplémentaires et de recruter des jeunes avec des profils intéressants à moindre coût.
Contact : Yves MOISAN, Mission Locale : 02.96.68.15.68 yves.moisan@mlstbrieuc.fr

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A suivre

Un guide pour réussir l’intégration des jeunes dans le monde du travail

"Tous gagnants : réussir ensemble l'intégration et la professionnalisation des jeunes en entreprise". Véritable boite à outils pratique et adaptable en fonction des entreprises et des acteurs de l'emploi, ce guide présente les bonnes pratiques d’insertion des jeunes dans les entreprises. Le propos du guide est de permettre d’élaborer, en partenariat, un véritable parcours d’intégration de jeunes, en priorité peu ou pas qualifiés. Ce guide décrit concrètement les actions à mener, étape par étape, et les moyens à mobiliser. Le processus d’insertion est aussi modulable par rapport aux objectifs et aux compétences des jeunes.
Télécharger le guide  

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A savoir

205 CAE-passerelle signés en Côtes d’Armor depuis le début d’année

A l’échelle du département, depuis le 1er janvier 2010 ce sont 205 CAE-passerelle qui ont été signés (dont 82 sur le bassin de Saint-Brieuc).  Les employeurs sont pour 39% des associations, 56% des mairies et pour 5% des hôpitaux.

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A noter

le CIE, l’homologue du CAE-passerelle, pour le secteur marchand

Equivalent du CAE-passerelle dans le secteur marchand, le Contrat Initiative Emploi (CIE) est destiné aux personnes confrontées à des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Il doit faire l’objet de la signature d’une convention entre le prescripteur (Pôle Emploi ou la Mission Locale), sous réserve que l’employeur n’ait pas procédé à un licenciement économique dans les 6 mois précédant la date d’effet du contrat et que l’embauche ne soit pas la conséquence du licenciement d’un CDI. Le CIE est un contrat de travail de droit privé à durée déterminée (24 mois) ou indéterminée, à temps partiel ou à temps complet, dont la durée hebdomadaire ne peut être inférieure à 20h (sauf exception). Les embauches en CIE donnent droit aux exonérations de droit commun de cotisations patronales de sécurité sociale. L’employeur perçoit en outre, une aide de l’Etat et/ou du Conseil Général dont le montant est fixé chaque année par le préfet de région. Elle est versée mensuellement par avance par l’ASP. Les taux en vigueur ont été fixés par arrêté du 21 décembre 2009 par le préfet de région Bretagne , ils sont modulables notamment en fonction de la situation de la personne ( 25% ou 47% du taux horaire brut du SMIC).

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